Pourquoi appeler un jeu « Sang neuf » et en faire un produit à l’ancienne? Wolfenstein : Youngblood ou l’art efficace de la restauration.
Interro d’histoire surprise, top : J’ai grandement aidé à la démocratisation du jeu de tir à la première personne au début des années 90. J’ai été rebooté souvent depuis. Je fais régulièrement beaucoup de bruit, car j’intègre des croix gammées. J’ai été testé par Zyvon l’année passée. Mon personnage principal est polonais. Je suis? Je suis?! Non, pas Oskar Freysinger, mais bien Wolfenstein. Évidemment. On ne présente plus cette pierre angulaire du jeu vidéo. Néanmoins, si les derniers épisodes sont un peu en dent de scie, entre le très bon et le très bof, Youngblood a la double particularité de proposer de la coopération (ce qui est rare) et de pouvoir se jouer sans le jeu de base (ce qui est encore plus rare pour une extension de nos jours). Il présente déjà un capital sympathie intéressant. Wolfenstein: Youngblood
Paris, ville rancunière
N’ayant joué ni à New Order, ni à New Colossus, je découvre ce fameux univers fictif des eighties ravagées suite à une victoire écrasante des nazis à la fin de la Seconde Guerre mondiale. L’action de Wolfenstein : Youngblood se passe donc dans une version de Paris alternative, devenue ville fortifiée aux rues désertes. Ou presque, vu qu’elle grouille de soldats germanophones en armure steam punk, de robots super rapides et de chien mécaniques géants. Me souvenais pas de ça dans le Routard… Les zones de la cité représentent le terrain d’intervention de la Résistance, qui tentent de libérer Paris depuis leur QG dans les catacombes. Oui, comme dans La Grande Vadrouille [NDZyvon: Pierre Richard, Renaud, La Grand Vadrouille… mais jusqu’où s’arrêteront t-ils? ].

À gauche, la version du jeu internationale. À droite, la version allemande, sans svastika. Il n’est pas rare qu’en Suisse ce soit la deuxième qui soit commercialisée, puisque nous sommes dans le même circuit de distribution que nos voisins teutons. Vérifiez avant d’acheter la vôtre, car il se peut qu’elle ne soit pas du tout doublée, ni dans les menus, ni les dialogues. Ganz auf Deutsch.
Cette ambiance complètement anachronique, où le futuriste et le vintage se mélangent sans aucune pudeur, me semble ironiquement représenter ce qu’est intrinsèquement Youngblood. Sortir une extension en stand alone est une pratique assez rare, à l’heure des DLC et Games as Service. On se souviendra de Assassin’s Creed Brotherhood pour Assassin’s Creed 2, Opposing Force pour Half-Life ou encore The Lost Legacy pour Uncharted 4 plus récemment. On a donc là un produit un peu à contre-courant de la tendance actuelle. Contraste qui se retrouve aussi dans un gameplay plus nerveux que les FPS récents.

Comme bien souvent dans la remise à jour d’anciennes gloires, une version de 1992 est jouable à l’intérieur du jeu.
Double jeu
Attention, parce qu’on est là dans du pur PEGI 18, avec tripaille, ultra-violence et nazis. Ces derniers sont néanmoins tournés en ridicule, devenant des caricatures, coincés dans leurs armures surréalistes. C’est un jeu pour adulte, indéniablement. Ce qui en fait le sujet de mon article aujourd’hui, c’est qu’il se joue en coopération. Pourquoi en parler maintenant? Je m’y suis mis depuis peu avec Osheed, mon gars-sûr pourfendeur de fascistes et… Meine Güte ce que Youngblood est fun, bien fichu et possède un background vraiment prenant !
Le gameplay est soutenu par des mécaniques de jeu bien huilées comme le double saut, un level design ingénieux, une complémentarité des armes efficaces (certains ennemis sont plus sensibles que d’autres à un type de pétoire). Celles-ci bénéficient d’un feeling costaud et un look rétrofuturiste qui en impose. Le scénario est nanardesque au possible et les deux sœurs qu’on incarne sont complètement barrées. À la limite de la sociopathie. Mais c’est de famille apparemment.
Vous êtes confiné à la maison et cherchez un jeu à faire avec votre buddy ? Wolfenstein : Youngblood saura certainement trouver valeurs à vos yeux. Surtout que le buddy pass permet de jouer à deux avec une seule version du jeu. En revanche, ne nous attardez pas trop sur les missions secondaires, qui se répètent beaucoup et se contentent de vous renvoyer dans des environnements déjà visités. Idem pour la flopée d’améliorations d’armes qui sont tout à fait négligeables. De plus, pour les obtenir le jeu encourage fortement à sortir le porte-monnaie plutôt que les crédits du jeu. L’air du temps finit toujours par nous rattraper.
Note : 8 Inglorious Basterds sur 10
Disponible sur PC, PS4, Switch et Xbox One.