« Vous comprenez ma p’tite dame, le zombie est au jeu vidéo ce que la pomme de terre est à la cuisine. Apprêtable de mille et une manières, mais vite fade si l’assaisonnement du plat ne tient pas la route », me racontait Founet, alors qu’il préparait sa soupe de patates quotidienne. Avait-il vu juste, le bougre? Oui et non, dans le cas de Deadly Days, la soupe est épicée pile comme il faut ! Mais ça reste une soupe, de patates en plus… Deadly Days
Deadly Days, ou Dédé de son petit nom, est un jeu de survie post-apocalyptique avec des éléments rogue-like. Suite à des burgers empoisonnés (merci les fast-food), tout le monde devient zombie. Visiblement, vous contrôlez des vegans. À la manière d’un Binding Of Isaac ou d’un Dead Cells, chaque partie est unique, et chacune débloque de nouveaux pouvoirs, de nouvelles capacités, etc. Les mauvaises langues diront que ça permet d’augmenter artificiellement la durée de vie d’un jeu en forçant la rejouabilité. J’argumenterai que les rogue-like me plaisent beaucoup, alors que je suis quelqu’un qui déteste refaire mes jeux et qui a besoin de nouveauté pour rester intéressé (oui, j’ai autant d’attention qu’un enfant de six ans après son troisième espresso). Je vois plus ça comme un arbre de compétences typique d’un RPG, mais ça n’engage que moi.
Autant le dire tout de suite : le gros problème de Dédé, c’est ses contrôles. Vos personnages attaquent automatiquement, vous leur dites juste où aller. Néanmoins, vous pouvez diriger le déplacement ainsi que le tir avec précision en appuyant une touche. En pratique, vu que le tir contrôlé stoppe net vos survivants, vous êtes plus ou moins morts si vous ne bougez pas. Vous leur dites surtout ce qu’ils doivent fouiller et profitez les raccourcis clavier pour utiliser les différents pouvoirs (soin et frappe aérienne à volonté) et habilités (personnalisées, utilisable une fois par mission).
Heureusement, vous pouvez mettre le jeu en pause et réaliser vos différentes actions plus tranquillement. Car vous avez peu de temps avant que la nuit ne tombe et que les zombies se mettent à courir. Quand j’ai vu le design de l’interface, je suis direct allé voir si le jeu était disponible pour mobile. Ce n’est étonnamment pas le cas. Mais le fait d’avoir ses différentes actions réparties des quatre côtés de l’écran c’est pas génial.
Il existe plusieurs sortes de bâtiments à fouiller, des automates qui font office de magasin, des largages aériens, etc. Vous avez chaque jour le choix entre trois missions, et après quelques heures vous aurez compris qu’un supermarché vous rapporte de la nourriture, alors qu’un entrepôt vous donnera un objet qui influence votre run de manière passive. Entre chaque mission, vous équipez vos survivants des différentes armes que vous avez amassées pendant vos fouilles. Cependant, ils possèdent chacun différents bonus qui augmentent avec les niveaux, donc autant donner un sniper très lent au type qui à un bonus de rechargement et pas à Billy, qui va mourir de faim d’ici demain toute façon. En effet, si vous ne surveillez pas votre stock de nourriture, vos survivants crèvent direct en rentrant de mission. C’est traumatisant comme expérience.
Lorsque l’un de vos bonshommes meurt, c’est pour de bon. Vous pouvez en recruter d’autres en acceptant une mission de sauvetage. Attention plus que trois et ça devient vite ingérable du point de vue de la nourriture. D’autant plus que la difficulté augmente toute seule au fur et à mesure des jours passés et de nouveaux zombies, certains extrêmement pénibles, font leur apparition. D’après mes fines observations, il existe actuellement une dizaine de zombies spéciaux qui peuvent débarquer (électriques, brutes, invisibles, etc.) en plus des zombies basiques. À vous d’équilibrer le nombre de bras dont vous avez besoin avec le nombre de bouches que vous pouvez nourrir.
Vous l’aurez compris, il y a quand même beaucoup de paramètres qui rentrent en compte et pas mal d’aléatoire. Et ça, c’est cool. Surtout que chaque run vous rapporte de l’XP qui vous permet de débloquer différentes choses qui viendront (peut-être) se greffer à votre prochaine partie. Avec trois « classes » proposant un set de base différent, tout débloquer prendra un moment. Dédé est un excellent rogue-like et les différents pouvoirs/habilités actives et passives amènent du piquant aux missions. Par contre, je ne sais pas combien de temps la boucle ultra simple « fouille ça, ça, et ça, retour au bus pendant que je bombarde des zombies » pourra maintenir mon attention.
C’est pour ça qu’il n’obtient pas une meilleure note. Pourtant il reste plaisant et addictif donc essayez-le si vous êtes en manque de rogue-like. Mention spéciale pour la bande-son vraiment cool, mais qui rend fou au bout de deux heures.
7 Dédé sur 10
Deadly Days est disponible sur Steam pour Microsoft Windows, Linux, et macOS